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article d'un journaliste de BEST en 1976 (Christian Lebrun BESTn°95 de juin 1976) et j'vous ai meme trouvé la photo du magazine de juin 76

article d'un journaliste de BEST en 1976 (Christian Lebrun  BESTn°95 de juin 1976) et j'vous ai meme trouvé la photo du magazine de juin 76
un article qui donne vraiment anvie d'écouter du bob mais surtout rastaman vibration

Dans une époque qui désespérément se cherche des héros, qu'ayant éventuellement trouvés elle consommera instantanément, dans une époque qui se cherche une spontanéité perdue dans un passé qu'elle fouille et explore sans trêve, dans une époque qui se cherche un rythme non encore standardisé, programmé par les marchands de soupe, un type est là, immense, parfait, superbe. Et on ne le reconnaît pas assez. C'est Bob Marley. Ce nouvel album de Bob Marley et les Wailers est un autre monument. Ce que fait le jamaïcain se détache lumineusement de toute la production actuelle. Dans quelques années ce sera une tarte à la crème que de l'affirmer. Mais pourquoi attendre ? Pourquoi les barrières d'un incroyable sectarisme (racisme ?) vous feraient-elles passer à côté de cette musique fastueuse, gorgée de vie, qui raconte son époque et lui prête ses couleurs vives en retour. Le son de 76 c'est ça et pas autre chose. Mais déjà ce qualificatif est trop restrictif. Marley n'a rien à voir avec une formule ou une recette préméditée. Il entraîne ses Wailers avec toute l'aisance et le naturel que peut receler une musique vivante. Le reggae de Marley est long à vraiment assimiler. Il faut pénétrer son rythme si particulier qui rompt avec la continuité américaine, tout en déployant un feeling aussi puissant que la soul music à ses meilleures heures. Mais quand vous êtes entré, vous êtes pris, capturé. Qu'on ne se méprenne pas : ce n'est pas là l'apologie inconditionnelle et vaguement «mode» du reggae. Le reggae est la musique de la Jamaïque, et, passé l'attrait de sa découverte globale, on s'apercevra que comme toute musique son interprétation s'étend du meilleur au pire. Mais Marley (avec Toots et d'autres) c'est le sommet. Ce sont toutes les qualités de base du reggae, pulsation fascinante, couleurs chatoyantes décuplant l'impact de mélodies très «senties», mais avec en plus un degré supérieur de style, une utilisation totalement actuelle, moderne, percutante de ces bases. Et puis Marley le «rasta» a quelque chose à dire. Et il le dit comme il joue sa musique. Très simplement, en souplesse sans s'énerver, avec cette conviction tranquille. La condition de son peuple et de ses frères d'Afrique, il la décortique, l'expose, la dénonce dans son quotidien comme dans une plus large perspective historique. Bob Marley ne se fera pas bouffer, lui. Il est trop fort, trop fort. Mais écoutez donc...
# Posté le samedi 12 août 2006 20:38

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